Analyse des pratiques d'investigation coroniale concernant les benzodiazépines dans 42 suicides militaires

Origine de cette analyse

En novembre 2024, la journaliste Patricia Rainville du Quotidien publiait un reportage d'enquête révélant que 54 militaires et anciens militaires québécois se sont suicidés entre 2017 et 2023. Sur ces 54 décès, un seul rapport de coroner a fait l'objet d'une recommandation.

Lire le reportage complet de Patricia Rainville

Reportage de Patricia Rainville - Suicides dans l'armée

Suite à la lecture de ce reportage, BenzoVeillance a analysé 42 rapports de coroners concernant des suicides de militaires québécois survenus entre 2018 et 2022, pour examiner une dimension non explorée : le rôle potentiel des benzodiazépines. Voici ce que cette analyse révèle :

Principaux constats

42 cas analysés

Aucune des 42 enquêtes coroniales n'a documenté de manière approfondie le rôle potentiel des benzodiazépines dans le décès, que ces substances soient détectées ou absentes.

57% Historique de sevrage non vérifié

24 cas sur 42 sans benzodiazépines détectées ou avec médicaments non identifiés. L'historique pharmacologique n'est pas documenté, ce qui ne permet pas d'évaluer un éventuel BIND post-sevrage.

14% Sevrage documenté

6 cas sur 42 documentent explicitement un arrêt de médication dans le rapport coronial. Aucun de ces rapports n'analyse le sevrage comme facteur potentiellement contributeur.

24% Benzodiazépines détectées

10 cas sur 42 présentent des benzodiazépines ou hypnotiques Z dans les analyses toxicologiques, aucune surdose identifiée, tous à niveau thérapeutique ou en traces. Aucun de ces rapports n'analyse le suivi thérapeutique.

Deux questions structurent cette analyse : la pertinence d'examiner spécifiquement le rôle des benzodiazépines dans ces décès, et la méthode utilisée.

Les constats de Patricia Rainville :

Son reportage met en lumière un manque de suivi psychologique chez les militaires et anciens combattants. Plusieurs témoignages rapportent des difficultés à obtenir de l'aide psychologique adaptée et un sentiment d'être laissés à eux-mêmes après leur service.

Dans son reportage, Patricia Rainville rapporte également que selon la Dre Cyd Courchesne, médecin-chef au ministère des Anciens Combattants du Canada, les causes de suicide chez les vétérans demeurent difficiles à cerner. Le taux de suicide chez les vétérans canadiens n'a pas changé depuis des décennies et demeure 1,4 fois supérieur à celui de la population générale. Lire la partie 2 du reportage

Si les causes demeurent difficiles à identifier, l'exploration de toutes les pistes potentielles, incluant le rôle des traitements pharmacologiques et leurs effets à long terme, semble d'autant plus pertinente.

La démarche de BenzoVeillance : Suite à la lecture de ce reportage, BenzoVeillance a entrepris une analyse des rapports de coroners pour examiner une dimension non explorée : le rôle potentiel des benzodiazépines dans ces suicides militaires. Cette analyse complémentaire se justifie pour quatre raisons :

Pourquoi examiner spécifiquement les benzodiazépines ?

1. Usage courant chez les militaires

Les benzodiazépines et hypnotiques Z sont couramment prescrits pour traiter le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et les troubles anxieux. Selon le reportage de Patricia Rainville, près d'un militaire sur deux parmi les cas analysés souffrait d'un stress post-traumatique lié à une mission à l'étranger, surtout en Afghanistan.

2. Préoccupation internationale

Aux États-Unis, plusieurs organisations de vétérans semblent avoir établi un consensus autour de l'idée que les médicaments, dont les benzodiazépines, nécessitent une attention particulière. Le projet de loi fédéral américain HR 4837 – Written Informed Consent Act, déposé en août 2025, propose d'instaurer l'obligation d'obtenir un consentement écrit et informé avant de prescrire certains médicaments, incluant les benzodiazépines, pour mieux protéger les vétérans.

Ce projet bénéficie de l'appui de plus de 17 associations nationales de vétérans américains, dont la VFW (Veterans of Foreign Wars), AMVETS et TAPS (Tragedy Assistance Program for Survivors).

En savoir plus sur le projet de loi HR 4837 | Benzoveillance ailleurs dans le monde

3. Les benzodiazépines et le suicide

La littérature scientifique documente le lien entre l'usage de benzodiazépines et le risque suicidaire. Pour plus d'information sur le lien entre benzodiazépines et suicide

Benzodiazépines et suicide

3.1 Cessation trop rapide

Les risques associés à une cessation trop rapide des benzodiazépines demeurent mal connus dans plusieurs milieux de soins. L'arrêt brutal ou trop rapide de ces médicaments, particulièrement à doses élevées, peut induire des symptômes sévères incluant une anxiété rebond, une instabilité émotionnelle, une irritabilité et des idéations suicidaires. Ces manifestations sont précisément celles observées dans plusieurs des cas analysés.

3.2 Protocoles inadéquats de sevrage

De nouveaux protocoles actualisés existent désormais, comme celui de l'American Society of Addiction Medicine (ASAM), qui recommandent des sevrages progressifs s'échelonnant sur plusieurs mois, voire plusieurs années pour les usages prolongés. En savoir plus sur le guide de sevrage de l'ASAM

Au Canada, le guide du Canadian Deprescribing Network (CaDeN) demeure la référence officielle, mais ses recommandations contrastent avec les nouvelles directives de l'ASAM et mériteraient d'être actualisées pour refléter ces avancées récentes en matière de sevrage sécuritaire. Comparer le guide CaDeN avec les recommandations ASAM

Guide de sevrage ASAM

ASAM : American Society of Addiction Medicine

L'inadéquation entre ces meilleures pratiques et les protocoles encore appliqués dans certains milieux (qui prévoient des sevrages de quelques semaines seulement) peut contribuer à l'apparition du BIND et à ses conséquences dramatiques.

3.3 Dysfonctions neurologiques induites par les benzodiazépines (BIND)

Le BIND désigne les dysfonctions neurologiques qui peuvent persister des mois ou des années après l'arrêt du traitement, particulièrement en cas de sevrage inapproprié. L'absence de benzodiazépines dans le sang au moment du décès ne permet pas d'exclure une problématique liée aux benzodiazépines. Ces manifestations incluent :

  • Anxiété rebond (souvent plus sévère que l'anxiété initiale)
  • Symptomatologie dépressive
  • Insomnie sévère et persistante
  • Irritabilité et instabilité émotionnelle
  • Akathisie (agitation psychomotrice)
  • Crises de panique
  • Idéations suicidaires

En savoir plus sur le BIND (Benzodiazepine-Induced Neurological Dysfunction)

Risque de confusion diagnostique : Ces symptômes peuvent être interprétés comme une rechute de la condition psychiatrique initiale ou comme l'émergence d'un nouveau trouble, alors qu'ils constituent en réalité des effets iatrogènes liés au traitement et à son sevrage.

4. Lacunes dans les investigations coroniales

Une analyse préliminaire des rapports de coroners suggère que le rôle potentiel des benzodiazépines n'est pas systématiquement investigué, même lorsque ces substances sont détectées ou que leur usage antérieur est documenté.

La question centrale de cette analyse

Le reportage de Patricia Rainville met en lumière un manque de suivi psychologique chez les militaires et anciens combattants. BenzoVeillance pose une question complémentaire : existe-t-il également un manque de suivi pharmaceutique ?

Ces deux dimensions, psychologique et pharmaceutique, ne sont pas mutuellement exclusives. Elles pourraient toutes deux contribuer aux difficultés vécues par les militaires et vétérans. Un militaire peut souffrir simultanément d'un manque d'accès à la psychothérapie ET d'effets persistants liés à un sevrage inapproprié de benzodiazépines.

C'est pour répondre à cette question que BenzoVeillance a entrepris l'analyse suivante des pratiques d'investigation coroniale.

Portée de l'analyse BenzoVeillance

La présente analyse porte sur 42 rapports de coroners concernant des suicides de militaires et d'anciens militaires québécois survenus entre 2018 et 2022. L'objectif est d'évaluer dans quelle mesure les coroners investiguent le rôle potentiel des benzodiazépines dans ces décès.

L'analyse révèle qu'aucune investigation approfondie concernant les benzodiazépines n'a été réalisée dans l'ensemble des cas, qu'il y ait détection ou absence de détection.

Ce constat soulève des préoccupations pour deux raisons :

  1. Lorsque des benzodiazépines sont détectées, leur contexte d'utilisation n'est pas analysé
  2. Lorsqu'elles sont absentes, l'historique pharmacologique n'est pas vérifié pour évaluer un éventuel BIND (Benzo-Induced Neurological Dysfunction)

Absence d'investigation #1 : Benzodiazépines détectées mais impact potentiel non investigué

Prévalence

Dix cas sur quarante-deux (24 %) présentent des benzodiazépines ou des hypnotiques Z détectés dans les analyses toxicologiques post-mortem :

  • Benzodiazépines classiques : 7 cas (lorazépam, clonazépam, diazépam)
  • Hypnotiques Z : 4 cas (zopiclone, zolpidem)

Taux d'investigation

Constat : Aucun des 10 cas ne présente une surdose de benzodiazépines. Tous les niveaux détectés sont thérapeutiques ou sous-thérapeutiques (traces). Cette observation confirme que la problématique ne réside pas dans l'intoxication aiguë, mais dans les effets de l'usage prolongé, du sevrage inapproprié, et des dysfonctions neurologiques induites (BIND).

Dans aucun de ces dix cas, le coroner ne documente les éléments suivants :

  • Durée du traitement et adéquation avec les recommandations (prescription de 2 à 4 semaines)
  • Consentement éclairé du patient aux risques d'usage prolongé
  • Historique de sevrage et caractère approprié de celui-ci

Illustration : Cas de M. Julien Chrétien (2020-04819)

Les analyses toxicologiques révèlent la présence de diazépam à concentration thérapeutique. Le rapport mentionne que M. Chrétien, âgé de 76 ans et résidant en CHSLD, était "stressé et anxieux chroniquement".

Élément documenté : Un témoin rapporte que M. Chrétien avait pris "quatre comprimés de Valium" trois semaines avant son décès pour "se calmer" lors d'un événement stressant (achat d'un climatiseur).

Omissions d'investigation : Cette information, bien que documentée dans le rapport, ne donne lieu à aucune analyse concernant l'auto-ajustement des doses par le patient et le lien potentiel avec le passage à l'acte suicidaire. Le rapport se limite à constater la présence de diazépam à "concentration thérapeutique", sans questionner ce que cette notion recouvre dans le contexte spécifique de ce patient.

Illustration : Cas de M. André Latulippe (2020-04043)

Les analyses toxicologiques révèlent du clonazépam à concentration de 97 ng/mL (seuil thérapeutique). Le rapport mentionne que M. Latulippe "pouvait être impulsif" et présentait des "fluctuations d'humeur".

Omission d'investigation : Le rapport ne procède à aucune analyse pour déterminer si les manifestations comportementales observées pourraient être liées au traitement par clonazépam plutôt qu'aux conditions psychiatriques sous-jacentes.

Contexte scientifique : La littérature scientifique documente que le clonazépam peut, chez certains patients, produire des effets paradoxaux incluant une augmentation de l'impulsivité et de l'instabilité émotionnelle (Paton C., Psychiatric Bulletin, 2002).

Absence d'investigation #2 : Sevrage documenté mais non investigué

Prévalence

Six cas (14 %) documentent explicitement un arrêt de médication. Dans aucun de ces six cas, le coroner n'analyse l'arrêt de médication comme facteur potentiellement contributeur au décès.

Illustration : Cas de M. Fernand Vincent (2018-00171)

Éléments factuels documentés :

M. Fernand Vincent, militaire de carrière (33,5 ans de service), présentait un trouble de stress post-traumatique chronicisé et un trouble dépressif majeur récurrent. Son dossier médical indique des prescriptions d'alprazolam 3 mg et de zopiclone.

Constat toxicologique : Les analyses toxicologiques post-mortem ne révèlent aucune de ces deux substances dans le sang.

Le rapport mentionne que M. Vincent "ne prend plus la médication telle que prescrite depuis plusieurs mois" et qu'il a "cessé de prendre plusieurs des médicaments prescrits depuis le 12 septembre 2017".

Timeline établie :

• 12 septembre 2017 : Changement de médication

• Octobre-décembre 2017 : Arrêt non supervisé de plusieurs médicaments

• 4 janvier 2018 : Confirme l'arrêt, refuse l'hospitalisation proposée

• 7 janvier 2018 : Décès par suicide (117 jours après le dernier changement de médication)

Manifestations cliniques documentées dans les semaines précédant le décès :

  • Hypervigilance
  • Sautes d'humeur fréquentes
  • Propension à la rage au volant
  • Isolement social, retrait, évitement

Omissions d'investigation : Le rapport ne procède à aucune analyse pour déterminer si le sevrage de l'alprazolam 3 mg (dose substantielle) a été supervisé médicalement et si les manifestations cliniques observées correspondent à un syndrome de sevrage des benzodiazépines plutôt qu'à une exacerbation de la condition psychiatrique de base.

Contexte scientifique : La littérature scientifique documente que le sevrage brutal ou trop rapide de benzodiazépines, particulièrement à doses élevées, peut induire une anxiété rebond, une instabilité émotionnelle, une irritabilité et des idéations suicidaires, soit précisément les manifestations observées dans ce cas.

Illustration : Cas de M. Sébastien Clavet (2021-02926)

Rôle du pharmacien comme sentinelle :

Le 5 mai 2021, à 18h00, le pharmacien observe M. Clavet dans un "état de détresse" et tenant des propos suicidaires dans la pharmacie. Le pharmacien constate que M. Clavet a "cessé de prendre sa médication" et le croit "possiblement en état de psychose". Le pharmacien contacte le centre d'aide au suicide, qui alerte les services policiers.

M. Clavet décède par suicide à 20h35, soit 2 heures 35 minutes après l'intervention du pharmacien.

Éléments toxicologiques : Les analyses révèlent du lorazépam au "seuil thérapeutique", ainsi que du bupropion, du zopiclone (également au seuil thérapeutique), des traces de trazodone, du cannabis (THC) et un métabolite de quétiapine.

Omission d'investigation : Bien que le rapport documente l'arrêt de médication et l'état psychotique observé, il ne procède à aucune analyse pour déterminer si le sevrage de benzodiazépines a pu contribuer à la décompensation psychotique.

Contexte scientifique : La littérature scientifique confirme que le sevrage de benzodiazépines peut induire des épisodes psychotiques, particulièrement en cas d'arrêt brutal ou non supervisé.

Absence d'investigation #3 : Absence de détection sans vérification de l'historique

Prévalence

Vingt-quatre cas (57 %) ne présentent aucune benzodiazépine détectée dans les analyses toxicologiques ou ont des médicaments non identifiés. Dans aucun de ces cas, le coroner ne vérifie si le patient a déjà fait usage de benzodiazépines.

Enjeu du BIND

Ce constat est particulièrement important car l'absence de benzodiazépines dans le sang au moment du décès ne permet pas d'exclure une problématique liée aux benzodiazépines. Comme mentionné au point 3.3, le BIND peut persister plusieurs mois, voire plusieurs années après la cessation du traitement.

Illustration : Cas de M. Keven Jolicoeur (2021-07319)

Éléments factuels :

M. Keven Jolicoeur, ancien militaire (service 2007-2017), présentait un épisode de dépression majeure en 2018 et un trouble d'adaptation avec humeur dépressive en 2020.

Le rapport documente qu'en juillet 2020, M. Jolicoeur "avait cessé de lui-même sa médication". En décembre 2020, il a "refusé de prendre quelque médicament prescrit que ce soit" tant qu'il n'aurait pas rencontré le psychiatre.

Constat toxicologique : Les analyses toxicologiques post-mortem (octobre 2021, soit 15 mois après l'arrêt de médication) ne révèlent aucune substance.

Omissions d'investigation : Le rapport ne procède à aucune vérification pour déterminer la nature des médicaments arrêtés en juillet 2020 et si les symptômes présentés pourraient être liés à un BIND post-sevrage. Une telle vérification contribuerait à l'exhaustivité de l'investigation, considérant que les benzodiazépines sont couramment prescrites pour les troubles dépressifs et anxieux en contexte militaire.

Illustration : Cas de M. James Lough (2021-05378)

Éléments factuels :

M. James Lough, militaire de 25 ans, présentait un historique d'au moins deux crises suicidaires dans les années précédentes. En hiver 2021, il présentait un épisode de dépression majeure avec idéations suicidaires.

Le traitement documenté consistait uniquement en bupropion. Les analyses toxicologiques révèlent du bupropion et du cannabis (THC), mais aucune benzodiazépine.

Omissions d'investigation : Le rapport ne procède à aucune vérification pour déterminer si des benzodiazépines avaient été prescrites lors des crises suicidaires antérieures et pourquoi elles n'étaient plus prescrites au moment du décès.

Contexte du passage à l'acte : Le passage à l'acte s'effectue dans un délai très bref (50 minutes entre une conversation conflictuelle et le décès), ce qui soulève la question de l'absence de médication pour gérer l'impulsivité suicidaire.

Conclusion

Synthèse des constats

L'analyse de 42 rapports de coroners concernant des suicides de militaires et d'anciens militaires révèle que le rôle potentiel des benzodiazépines n'est pas systématiquement investigué.

Les constats se manifestent de deux façons distinctes :

  1. Lorsque des benzodiazépines sont détectées (24 % des cas), l'investigation ne couvre pas le contexte de prescription, la durée du traitement, la qualité du suivi, ni les tentatives éventuelles de sevrage.
  2. Lorsqu'aucune benzodiazépine n'est détectée (57 % des cas), la vérification de l'historique pharmacologique permettrait d'identifier un éventuel BIND (dysfonctions neurologiques induites par les benzodiazépines), dont les manifestations peuvent persister plusieurs mois ou années après la cessation et contribuer au passage à l'acte suicidaire.

Pistes d'amélioration des pratiques d'investigation

L'intégration d'une investigation systématique du rôle des benzodiazépines dans les enquêtes coroniales permettrait d'identifier plus efficacement les facteurs iatrogènes potentiellement contributeurs aux suicides. Considérant que les benzodiazépines sont couramment prescrites pour le trouble de stress post-traumatique et les troubles anxieux chez les militaires, une telle investigation constituerait une composante pertinente des enquêtes dans cette population.

Le renforcement de ces pratiques d'investigation améliorerait la capacité du système de santé à identifier les pratiques de prescription, les sevrages nécessitant un meilleur encadrement, et les effets iatrogènes à long terme susceptibles de contribuer à la crise suicidaire chez les militaires et anciens militaires québécois.

Les citoyens préoccupés par ces constats peuvent également participer au mouvement #FaireEntendreRaison pour interpeller les ordres professionnels et le Bureau du coroner.

Liste des 42 cas analysés

Cette analyse porte sur les rapports de coroners suivants, concernant des suicides de militaires et d'anciens militaires québécois survenus entre 2018 et 2022 :

1. Philippe Lacasse (2020-04957)

2. Carl Jauvin (2019-01780)

3. Daniel Dallaire (2020-05002)

4. Éric Therrien (2021-04084)

5. Louis Lavoie (2018-02155)

6. Éric Paradis (2018-02877)

7. Michaël Arseneault (2018-04736)

8. Bruno Vallières (2018-07330)

9. Dylan Bresaw (2018-04570)

10. Mathieu Hamelin (2019-04465)

11. Charles Benoît (2019-03302)

12. Annick Thibault (2019-05223)

13. Patrick Bélanger (2019-03588)

14. Éric Massey (2020-06591)

15. Olivier Thibault (2019-03112)

16. André Junior Latulippe (2020-04043)

17. Éric Boudreault (2021-07977)

18. Michel Roy (2019-05170)

19. Raynald Meilleur (2022-04923)

20. Fernand Vincent (2018-00171)

21. James Lough (2021-05378)

22. Yan Roy-Gagnon (2019-06329)

23. Yozef Carlo Butera (2020-03070)

24. Martin Beaulieu (2022-03901)

25. Normand Guillemette (2019-04537)

26. Julien Chrétien (2020-04819)

27. Martin Beauregard (2020-08060)

28. Frédéric Simoneau (2021-00897)

29. Stéphane Lauzon (2019-06430)

30. Raymond Boivin (2021-06214)

31. Gilles Daoust (2022-06471)

32. Richard Joseph Marleau (2018-03310)

33. Serge Gauthier (2020-00309)

34. Alain Courchesne (2018-05423)

35. Danny Corneau (2020-05279)

36. Keven Jolicoeur (2021-07319)

37. Pierre-Olivier Potvin (2021-02820)

38. Jérôme Carrier (2022-04257)

39. Christian Breton (2022-09377)

40. Serge Chevrier (2022-08817)

41. Yoan Poudrier (2022-03214)

42. Sébastien Clavet (2021-02926)

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