Poursuite de 1,9 million déboutée en Cour supérieure
N.L. c. Mathieu, 2025 QCCS 517
Pour gagner, la patiente devait prouver que son médecin avait agi autrement qu'un médecin prudent de son époque. Le tribunal compare donc le médecin à ce que font les autres médecins de famille dans la même situation.
Or, le seul médecin de famille entendu comme expert a dit qu'il ne parle jamais du sevrage à ses patients. Selon BenzoVeillance, c'est là que se trouve le problème : quand presque personne n'informe, il devient très difficile de prouver qu'un médecin a mal agi. Le tribunal ne le dit pas en ces termes. Il conclut simplement que la faute n'est pas prouvée.
Le tribunal ajoute que, même si le médecin avait dû parler du risque, cela n'aurait pas changé l'issue : la patiente avait été conseillée en 2012, par un autre médecin, de réduire graduellement sa dose, et elle ne l'a pas fait.
Trois constats
Le médecin dit ne pas se souvenir d'avoir parlé du risque de dépendance, et ses notes n'en parlent pas. Le tribunal écrit qu'il « ne semble pas » l'avoir fait clairement (§188).
Le médecin de famille que la défense a fait témoigner comme expert explique qu'il ne parle jamais du sevrage à ses patients (§189). La patiente, elle, n'avait fait venir aucun expert médecin de famille du Québec (§149).
La patiente ne se souvient pas qu'on lui ait parlé du risque de dépendance (§186). Mais le tribunal note qu'en 2012, un autre médecin lui a conseillé de réduire graduellement sa dose (§195).
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Note : Les initiales de la demanderesse sont utilisées conformément à la pratique de publication du jugement.