Pourquoi la BenzoVeillance ?

Nature de cette page

Cette page documente les constats factuels qui motivent l'existence de la BenzoVeillance et de son mouvement citoyen. Elle présente les réponses institutionnelles obtenues au fil des démarches entreprises depuis 2023, révélant un système qui reconnaît la problématique mais peine à agir.

Le paradoxe documenté

En février 2024, lors du reportage de Radio-Canada Cauchemar sur ordonnance, Camille Gagnon du Réseau canadien pour la déprescription (CaDeN) a qualifié la situation des benzodiazépines de « crise de santé publique ».

Malgré la gravité de ce constat, aucune mesure contraignante n'a été mise en place pour protéger les patients.

Le paradoxe fondamental

La problématique est documentée et qualifiée de crise par des experts, mais les institutions se renvoient mutuellement la responsabilité d'agir. Chaque instance sollicitée redirige vers une autre, créant une boucle où personne n'assume la responsabilité de mettre en place des mesures concrètes.

Les constats qui motivent la BenzoVeillance

1. Le Collège des médecins du Québec (CMQ)

Le CMQ a lancé en 2024 un programme de surveillance des prescriptions de benzodiazépines. Toutefois, ce programme repose sur une approche de correction trop tard plutôt que de protection à temps : il identifie les médecins aux pratiques problématiques après coup, une fois les dommages potentiellement causés — et sans égard au fait que le droit du patient à une information complète n'a jamais été respecté.

Voir l'analyse complète du programme de surveillance du CMQ →

2. L'Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ)

L'OPQ a répondu aux préoccupations soulevées par la publication d'un article de sensibilisation dans sa revue INTERACTION destinée aux pharmaciens. Cette approche de communication volontaire n'inclut aucune directive obligatoire ni mécanisme de vérification de conformité.

La distinction entre sensibilisation et obligation

Un article de sensibilisation informe les professionnels d'une problématique. Une directive obligatoire exige une action spécifique sous peine de sanctions disciplinaires. Les ordres professionnels québécois ont jusqu'ici privilégié la première approche pour les benzodiazépines, contrairement à d'autres provinces canadiennes qui ont adopté des standards obligatoires.

Voir les standards obligatoires adoptés en Nouvelle-Écosse et en Alberta →

3. L'Office des professions du Québec

L'Office des professions, organisme gouvernemental chargé de surveiller les 46 ordres professionnels, a été sollicité pour intervenir. Comme pour d'autres dossiers complexes, l'Office a indiqué que toute modification réglementaire nécessite la collaboration des différents acteurs du système professionnel. Des travaux seraient en cours à l'INESSS sur ce sujet.

4. L'INESSS et les travaux en cours

L'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a effectivement un projet en cours intitulé « Benzodiazépines : Usage optimal ». Selon la fiche de projet publiée sur le site de l'INESSS, ce projet est en phase de « démarrage » avec un échéancier « à déterminer ».

Questions sur la portée des travaux

Des questions demeurent quant à la portée de ces travaux :

  • Couvriront-ils seulement la première prescription ou également les protocoles de sevrage ?
  • Qu'adviendra-t-il des patients actuellement sous benzodiazépines depuis des années ?
  • Le syndrome de sevrage prolongé sera-t-il documenté ?
  • Quel est l'échéancier prévu ?

Un système qui redirige plutôt qu'agit

L'ensemble des démarches entreprises depuis 2023 révèle un pattern récurrent : chaque instance sollicitée reconnaît la légitimité de la préoccupation, mais redirige vers une autre instance.

La boucle de renvoi documentée

Citoyen → Ministère de la Santé
↓ « Ce dossier relève des ordres professionnels »

Citoyen → INESSS
↓ « Nous avons besoin d'un mandat gouvernemental »

Citoyen → Ordres professionnels (CMQ, OPQ)
↓ « Déposez une plainte individuelle contre le professionnel concerné »

Citoyen → Office des professions
↓ « Nous n'avons pas la compétence, nous attendons l'INESSS »

Citoyen → Santé publique
↓ « Ce dossier relève des ordres professionnels »

Citoyen → Protecteur du citoyen
↓ « L'intervention relève des élus »

Citoyen → Élus provinciaux
↓ [Aucune réponse]

→ Retour au point de départ

Le résultat : trois années sans mesure systémique (en date de janvier 2026)

Malgré des démarches documentées auprès de toutes les instances pertinentes — ordres professionnels, ministères, Office des professions, INESSS, santé publique, Protecteur du citoyen, élus provinciaux — aucune mesure systémique de protection des patients n'a été mise en place.

Les seules réponses obtenues sont :

  • Des articles de sensibilisation (OPQ)
  • Un programme de surveillance sans exigences contraignantes (CMQ)
  • Des promesses de « suivre le dossier » (Office des professions)
  • Des redirections vers d'autres instances

Ce que font d'autres juridictions

Pendant ce temps, d'autres juridictions ont adopté des mesures concrètes :

Juridiction Mesure adoptée Statut
Nouvelle-Écosse Standard professionnel obligatoire : durée 2-4 semaines, vérification registre obligatoire, documentation des risques En vigueur depuis mars 2022
Alberta Standard obligatoire avec révision de l'historique médicamenteux, usage prolongé non surveillé = signal d'alarme En vigueur depuis 2017
Colorado (USA) Limitation à 30 jours pour les premières prescriptions En vigueur depuis juillet 2023
Massachusetts (USA) Projet de loi sur le consentement écrit obligatoire En examen parlementaire
USA fédéral Projet de loi HR 4837 — Written Informed Consent Act En examen au Congrès
Québec Article de sensibilisation (OPQ), programme de surveillance rétrospectif (CMQ) Aucune mesure contraignante

← Glisser pour voir le tableau complet →

Voir le détail des initiatives internationales →

La naissance d'un mouvement citoyen

Face à l'inaction institutionnelle documentée, un mouvement citoyen a émergé : #FaireEntendreRaison.

Ce mouvement ne demande pas l'interdiction des benzodiazépines. Il demande simplement que les patients québécois bénéficient des mêmes protections que celles accordées aux patients d'autres juridictions : un consentement éclairé documenté, des protocoles de sevrage fondés sur les données probantes, et un suivi pharmaceutique à la hauteur des risques connus.

Chronologie complète des démarches

Une chronologie détaillée documente l'ensemble des démarches entreprises depuis février 2023 : plaintes aux ordres professionnels, sollicitations ministérielles, interventions auprès de l'Office des professions, demandes au Protecteur du citoyen, communications aux élus, et plus encore.

Consulter la chronologie complète du mouvement →

Ce que propose la BenzoVeillance

La BenzoVeillance propose un cadre de soins qui respecte l'autonomie du médecin et du patient tout en assurant une protection minimale fondée sur le droit québécois existant (LSSSS) et les recommandations internationales (OMS, ASAM, Maudsley).

Ses propositions principales :

  • Un consentement éclairé formalisé avant toute prescription prolongée
  • Un consentement éclairé avant l'amorce d'un sevrage
  • Des protocoles de sevrage actualisés selon les données probantes internationales
  • Un suivi pharmaceutique à la hauteur des risques documentés
  • Une amélioration des investigations de coroner impliquant des benzodiazépines

Découvrir les principes de la BenzoVeillance →

Conclusion

La BenzoVeillance existe parce que les institutions qui devraient protéger les patients reconnaissent la problématique sans mettre en place de mesures contraignantes. Elle existe parce que la boucle de renvoi entre instances laisse les patients sans protection systémique. Elle existe parce que d'autres juridictions ont démontré qu'il est possible d'agir.

Le mouvement #FaireEntendreRaison porte cette voix citoyenne auprès des décideurs. Parce que la crise de santé publique a ses raisons, il faut #FaireEntendreRaison.

Rejoindre le mouvement

Trois volets de participation : patients, citoyens et professionnels de la santé.

Découvrir comment participer à #FaireEntendreRaison →

Défiler vers le haut
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.