Conseils et ressources
Vous trouverez ici des outils et des informations pour mieux composer avec votre situation.
Ressources d'aide disponibles 24/7
Prévention du suicide : 1-866-APPELLE (1-866-277-3553) — Info-Santé : 811
Si vous devez vous rendre à l'urgence, informez le personnel que vous êtes en sevrage ou en syndrome de tolérance aux benzodiazépines et mentionnez la durée de votre traitement ainsi que votre dose actuelle.
Cette section vous offre des outils concrets pour composer avec votre situation, des ressources pour ouvrir le dialogue avec votre équipe médicale, et une invitation à joindre le mouvement #FaireEntendreRaison. Des milliers de Québécois vivent la même chose que vous — vous n'êtes pas seul(e).
Position de BenzoVeillance
BenzoVeillance ne vous incite pas à vous sevrer absolument et ne vous juge pas si vous avez commencé ou voulez continuer d'en prendre. BenzoVeillance vise à ce que vous soyez pleinement informés le long de votre parcours patient et à ce que vos droits prévus dans la loi soient respectés.
Table des matières
→ Travailler avec votre équipe médicale
→ Précautions importantes pour votre sécurité
→ Attentes réalistes pour le sevrage
→ Vos droits en tant que patient
→ Rejoindre #FaireEntendreRaison
Travailler avec votre équipe médicale
Un guide québécois en préparation
INESSS — Projet en cours
L'INESSS (Institut national d'excellence en santé et en services sociaux) travaille présentement à la production d'un outil visant à favoriser l'usage optimal des benzodiazépines, destiné aux professionnels de la santé québécois. Le projet est en phase de démarrage avec un échéancier à déterminer.
Ce guide officiel pourrait devenir un outil précieux pour entamer une conversation constructive avec votre médecin traitant et votre pharmacien, que ce soit au sujet de votre traitement actuel ou d'un éventuel sevrage progressif et sécuritaire.
Ouvrir la conversation avec votre médecin : des outils reconnus
Entamer une discussion sur le sevrage de benzodiazépines avec votre médecin peut sembler difficile. Voici des ressources reconnues qui peuvent vous aider à établir un dialogue constructif et fondé sur des données probantes.
1. Guides actualisés (2015-2025)
- Nouvelle directive publiée en février 2025
- Développée par 10 sociétés médicales et professionnelles
- Approche lente et centrée sur le patient
- En anglais
- Co-écrit par le Dr Mark Horowitz
- Première référence clinique complète sur l'arrêt sécuritaire des médicaments psychiatriques
- Inclut benzodiazépines, antidépresseurs, gabapentinoïdes et z-drugs
- À acheter (disponible en librairie)
2. Guides plus anciens (mais toujours pertinents)
- Algorithme canadien disponible en français
- Guide de pratique clinique fondé sur des données probantes
- Accessible gratuitement en ligne
Note importante : Cet algorithme a été développé avec certaines limites (voir la section La benzoVeillance c'est quoi? pour plus de détails). C'est un outil de départ précieux pour briser le silence sur le principe d'un calendrier de sevrage médical et d'ouvrir le dialogue avec votre équipe médicale.
- Référence internationale depuis des décennies
- Protocoles de sevrage détaillés et éprouvés
- Gratuit en ligne, disponible en français
- Largement respecté par les professionnels de la santé
3. Phrases pour ouvrir la conversation
Voici des approches constructives pour discuter avec votre médecin :
« J'ai vu que l'INESSS travaille actuellement sur un guide d'usage optimal des benzodiazépines pour les professionnels de la santé. En attendant sa publication, serait-il possible d'explorer ensemble un plan de sevrage progressif basé sur les protocoles reconnus comme le Manuel Ashton? »
« J'ai entendu parler du nouveau guide ASAM 2025 sur le sevrage de benzodiazépines qui recommande une approche lente et centrée sur le patient. Seriez-vous ouvert à ce que nous établissions ensemble un plan de sevrage graduel selon ces recommandations? »
« J'ai découvert l'algorithme de déprescription des benzodiazépines du Réseau canadien (CaDeN), qui propose un calendrier de sevrage médical structuré. Même s'il n'est pas le plus optimal, c'est un point de départ. Avez-vous déjà entendu parler du guide de déprescription Maudsley? Il contient exactement toute l'information nécessaire pour les pharmaciens et les médecins afin d'établir un plan de sevrage vraiment adapté. »
« J'aimerais effectuer un sevrage très progressif avec des réductions hyperboliques. Connaissez-vous des pharmacies préparatrices qui pourraient fabriquer des doses personnalisées pour faciliter ce processus? J'ai lu que cette méthode, décrite dans le Maudsley Deprescribing Guidelines, permet de minimiser les symptômes de sevrage. »
« Je comprends que le sevrage doit être supervisé médicalement. J'aimerais travailler en collaboration avec vous et mon pharmacien pour établir un plan de sevrage sécuritaire. Pourriez-vous m'aider à accéder à des préparations magistrales pour des doses plus petites? »
4. Ce que vous pouvez apporter à votre rendez-vous
- Une copie du guide ASAM 2025 (sections pertinentes traduites si nécessaire)
- Le Manuel Ashton (version française disponible gratuitement)
- Votre historique de consommation (doses, durée, fréquence)
- Vos symptômes actuels (liste écrite)
- Vos objectifs (timeline souhaitée, préoccupations)
5. Questions importantes à poser
- « Connaissez-vous des pharmacies préparatrices au Québec qui font des préparations magistrales de benzodiazépines? »
- « Seriez-vous prêt à collaborer avec un pharmacien pour établir un protocole de sevrage hyperbolique? »
- « À quelle fréquence pourrions-nous nous rencontrer pendant le sevrage? »
- « Quels signes de sevrage devrais-je surveiller? »
- « Que faire si les symptômes deviennent trop intenses? »
Les pharmacies préparatrices : un facilitateur dans votre parcours
Qu'est-ce qu'une pharmacie préparatrice?
Une pharmacie préparatrice (ou magistrale) peut fabriquer des doses personnalisées de médicaments qui ne sont pas disponibles commercialement. Ceci peut grandement faciliter un sevrage hyperbolique, où les réductions deviennent progressivement plus petites.
Comment cela peut-il vous aider?
Les comprimés commerciaux ne permettent pas des réductions assez fines. Par exemple, vous ne pouvez pas réduire de 0,5 mg ou 0,25 mg avec un comprimé de 1 mg sans le couper en morceaux inégaux. Une pharmacie préparatrice peut créer des capsules ou des solutions avec des doses très précises.
Comment procéder?
Discutez avec votre pharmacien actuel. Votre pharmacien peut se procurer chez une pharmacie préparatrice les médicaments sous forme liquide ou en doses personnalisées. Vous n'avez pas à chercher vous-même une pharmacie préparatrice — votre pharmacien s'en charge. Votre médecin devra prescrire les doses spécifiques selon votre plan de sevrage.
L'importance de l'approche collaborative
Votre réussite repose sur un partenariat entre vous, votre médecin et votre pharmacien. Arriver informé et avec des ressources reconnues démontre votre sérieux et facilite le dialogue.
Rappelez-vous :
- Un sevrage sécuritaire prend du temps (souvent plusieurs mois à années)
- Chaque personne est différente — votre protocole doit être personnalisé
- Le soutien médical est essentiel pour votre sécurité
- Vous avez le droit de demander un sevrage progressif
Précautions importantes pour votre sécurité
→ Consultez la mise en garde du site
Ne jamais arrêter brusquement
L'arrêt brutal des benzodiazépines peut être dangereux et causer des convulsions, voire mettre votre vie en danger. Même si vous prenez une faible dose, même si vous n'en prenez que depuis quelques semaines, ne cessez jamais de prendre vos benzodiazépines sans supervision médicale.
Consultez avant d'augmenter votre dose
Si vos benzodiazépines semblent moins efficaces (phénomène de tolérance), n'augmentez pas la dose de votre propre initiative. Discutez-en avec votre médecin. L'augmentation de dose accélère souvent le développement de la tolérance et rend le sevrage éventuel plus difficile.
Privilégiez un sevrage progressif
Un sevrage trop rapide peut causer des symptômes intolérables et augmenter le risque de complications. Lent et progressif est toujours préférable à rapide. Il n'y a pas de médaille pour finir vite — il y a seulement votre sécurité et votre bien-être.
En cas de doute : Contactez votre médecin, votre pharmacien, ou Info-Santé (811) avant de modifier quoi que ce soit à votre traitement. Votre sécurité passe avant tout.
Soutien psychologique et accompagnement humain
À différents moments de votre parcours
Le soutien psychologique et celui de vos proches peuvent être précieux à plusieurs moments :
- Quand vous souffrez de symptômes de tolérance et ne savez pas si vous voulez continuer ou arrêter vos benzodiazépines
- Si vous décidez d'entreprendre un sevrage et que le processus devient difficile
- Pendant le post-sevrage si les symptômes persistent et que vous avez besoin de soutien supplémentaire
Le rôle des psychologues
Si vous en avez les moyens, avoir un rendez-vous régulier avec un psychologue qui vous comprend peut être une bonne ressource. Ce n'est pas essentiel, mais c'est une option à considérer. Si vous choisissez cette voie, il est important que le psychologue comprenne bien les spécificités de la dépendance aux benzodiazépines.
Une distinction importante que les psychologues et travailleurs sociaux doivent comprendre
Pour les psychologues et travailleurs sociaux qui lisent cette page
Il est essentiel de faire la différence entre :
- L'anxiété ou l'insomnie originale du patient (la raison pour laquelle les benzodiazépines ont été prescrites)
- Les symptômes de tolérance (nouveaux symptômes causés par l'adaptation du cerveau au médicament)
- Les symptômes de sevrage (pendant la réduction progressive des doses)
- Le syndrome post-sevrage (symptômes qui persistent après l'arrêt complet)
Ces quatre situations nécessitent des approches différentes. Un patient en sevrage ou post-sevrage n'a pas nécessairement besoin de plus de techniques de gestion de l'anxiété — il a besoin de temps, de validation, et de patience pendant que son cerveau se réajuste.
La Thérapie Cognitivo-Comportementale pour l'Insomnie (TCC-I)
La TCC-I est une approche reconnue scientifiquement pour traiter l'insomnie chronique. Elle peut être utile à différents moments, mais nécessite des adaptations importantes pendant le sevrage et le post-sevrage.
Important à comprendre : Certaines techniques de la TCC-I, notamment la restriction de sommeil, peuvent être difficiles voire contre-productives pendant le sevrage ou le post-sevrage. Pourquoi? Parce que votre cerveau est déjà en souffrance intense. Votre système nerveux est en hyperéveil constant. Ajouter une restriction volontaire du sommeil par-dessus les symptômes de sevrage peut être tout simplement intolérable.
L'insomnie pendant le sevrage/post-sevrage n'est pas une insomnie primaire classique — c'est un symptôme neurologique qui se résorbera avec le temps et la guérison du cerveau.
Note importante pour les professionnels utilisant la TCC-I
Il est important de prendre en compte dans votre approche thérapeutique les difficultés neurologiques spécifiques des patients en sevrage ou post-sevrage de benzodiazépines.
Points essentiels à retenir :
- La restriction de sommeil est généralement contre-indiquée ou à adapter très significativement
- Ne vous attendez pas aux résultats « normaux » — le cerveau est en processus de guérison neurochimique
- Ce n'est pas un échec si la TCC-I ne fonctionne pas comme prévu — c'est que le cerveau a besoin de temps pour guérir
- Votre rôle principal : valider l'expérience, accompagner émotionnellement, gérer l'anxiété liée au sommeil, maintenir l'espoir
Ressources pour mieux comprendre : BenzoVeillance.com, Benzodiazepine Information Coalition (benzoinfo.com), Manuel Ashton, Guide ASAM 2025
Le soutien émotionnel pendant les périodes difficiles
Que vous soyez en phase de questionnement, en sevrage, ou en post-sevrage, un psychologue peut vous aider à :
- Gérer l'anxiété et la panique qui peuvent surgir pendant ces périodes
- Naviguer l'incertitude quand vous ne savez pas quelle décision prendre
- Faire face au découragement lors des moments les plus difficiles
- Développer des stratégies d'adaptation pour les symptômes physiques et psychologiques
- Maintenir l'espoir quand tout semble interminable
- Reconstruire votre confiance en votre capacité de guérison
Le soutien de vos proches
Si vous avez des proches sur qui compter, leur soutien peut vraiment faire la différence. Que vous soyez en réflexion, en sevrage ou en post-sevrage, avoir quelqu'un qui comprend ce que vous traversez crée de meilleures conditions pour réussir.
Pourquoi le soutien de vos proches peut aider
Quand vous souffrez de symptômes de tolérance, quand vous êtes en sevrage, ou en post-sevrage :
- Il y aura des journées où vous serez irritable sans raison apparente
- Il y aura des nuits où vous ne dormirez pas et serez épuisé le lendemain
- Il y aura des moments où vous voudrez abandonner et aurez besoin qu'on vous rappelle pourquoi vous faites ça
- Il y aura des symptômes physiques inexpliqués qui vous feront peur et où la présence de quelqu'un vous rassurera
- Il y aura des vagues de découragement où vous aurez besoin qu'on vous dise que vous allez y arriver
Votre famille, votre conjoint(e), vos enfants, vos amis proches — ils doivent savoir ce que vous traversez.
Comment parler à vos proches de ce que vous vivez
Pas besoin d'un long discours. Quelque chose de simple et direct :
« Je prends des benzodiazépines depuis [durée] et mon corps est devenu dépendant. Ça va être difficile pendant un bout de temps. J'ai besoin que tu sois là, même quand je suis pas facile à vivre. »
Ce que vos proches peuvent faire concrètement
Le soutien, ce n'est pas nécessairement de grandes choses. Ce sont souvent les petits gestes qui comptent le plus :
Les gestes simples qui font toute la différence
Aller marcher ensemble
Pas pour « régler » quoi que ce soit. Pas pour « en parler ». Juste marcher. L'air frais. Le mouvement. La présence de quelqu'un à vos côtés. Parfois, vous allez parler. Parfois, vous allez marcher en silence. Les deux sont corrects.
Être là, simplement
Venir s'asseoir avec vous sur le divan. Regarder un film ensemble. Prendre un café. Être présent sans attendre de vous que vous alliez bien ou que vous soyez fonctionnel. Juste... être là.
Vous accompagner à vos rendez-vous médicaux
Quand vous êtes en sevrage ou en post-sevrage, aller voir le médecin peut être anxiogène. Avoir quelqu'un avec vous dans la salle d'attente, ou même dans le bureau du médecin si vous le souhaitez, ça aide.
Appeler régulièrement
Un texto. Un appel rapide. « Comment tu vas aujourd'hui? » Sans jugement. Sans attendre que vous alliez bien. Juste pour vous montrer qu'on pense à vous.
Faire des activités simples ensemble
Un souper. Un café. Venir cuisiner chez vous. Regarder une série. Jouer à un jeu de société. Des activités normales qui vous rappellent que la vie continue, même quand c'est difficile.
Vous laisser avoir des mauvaises journées
Accepter que certains jours, vous n'êtes pas disponible. Que vous devez annuler des plans. Que vous êtes irritable. Sans vous en vouloir. Sans vous faire sentir coupable.
Pour vos proches : Comment vraiment aider
Validez sa souffrance
Sa douleur est réelle. Ses symptômes sont réels. Ce n'est pas de la faiblesse. Ce n'est pas « dans sa tête ». C'est une réaction physiologique du cerveau qui se réajuste. Croyez-le quand il vous dit que ça fait mal.
Soyez patient avec l'irritabilité
Pendant le sevrage et le post-sevrage, votre proche peut être irritable, avoir des sautes d'humeur, être moins patient. Ce n'est pas dirigé contre vous. C'est un symptôme. Respirez. Donnez de l'espace si nécessaire. Revenez quand les choses se calment.
N'essayez pas de « régler » ou de « solutionner »
Vous ne pouvez pas accélérer la guérison. Vous ne pouvez pas enlever les symptômes. Vous ne pouvez pas « réparer » ce qui se passe. Tout ce que vous pouvez faire, c'est être présent. Et parfois, c'est exactement ce dont votre proche a besoin.
Prenez soin de vous aussi
Soutenir quelqu'un en sevrage ou en post-sevrage, c'est épuisant. Vous avez le droit d'être fatigué. Vous avez le droit de prendre du temps pour vous. Vous ne pouvez pas donner à partir d'un réservoir vide. Prenez soin de vous pour pouvoir continuer à être là.
Le soutien humain, c'est la clé
Les protocoles médicaux sont essentiels. Les ressources professionnelles sont importantes. Mais au bout du compte, c'est le soutien de vos proches qui va vous permettre de tenir le coup jour après jour.
Vous n'avez pas à traverser ça seul(e). Et vous ne devriez pas avoir à le faire.
Ressources de soutien professionnelles complémentaires
Note importante sur les ressources internationales
Les ressources suivantes proviennent principalement des États-Unis. Bien que certaines organisations les référencent, BenzoVeillance n'a pas pu vérifier leur efficacité ni évaluer leur qualité. Ces services sont souvent coûteux et ne sont mentionnés qu'à titre informatif pour les personnes qui souhaitent explorer ces options par elles-mêmes.
Ressources de soutien par les pairs (gratuites)
- Forum de soutien par les pairs — gratuit (dons volontaires)
- Actif depuis près de 20 ans
- Forums de discussion, chat en temps réel, système de messages privés
Avertissement : Certains utilisateurs rapportent une atmosphère très négative et des histoires qui peuvent augmenter l'anxiété plutôt que d'aider. Plusieurs témoignent que le forum décourage parfois l'aide médicale professionnelle. À utiliser avec discernement et toujours en complément d'un suivi médical professionnel.
Services de counseling/coaching professionnels (payants)
Benzodiazepine Information Coalition (BIC) ne fait pas de counseling direct, mais maintient une liste de professionnels recommandés pour le soutien et le coaching de sevrage.
- Site : baylissa.com/therapy
- Thérapeute et coach depuis près de 20 ans
- Master en counseling intégratif
- Basée au Royaume-Uni mais offre services internationaux
- Expérience personnelle de sevrage de benzodiazépines
- Site : chrispaigelcsw.com
- Plus de 25 ans d'expérience
- Membre du conseil consultatif médical de BIC
- Services en Floride (psychothérapie) et partout dans le monde via Skype/FaceTime (coaching)
- Fondateur de l'Institute for Akathisia
- Site : outro.com
- Consultancy académique seulement (non enregistré comme médecin aux États-Unis)
- Co-fondateur d'Outro Health — clinique virtuelle
- Actuellement pour antidépresseurs, expansion aux benzodiazépines en préparation
- États disponibles : AZ, CA, CO, CT, FL, IL, NY, OR, TX, UT, WA
- Site : taperclinic.com
- Dr. Josef Witt-Doerring et Dr. Marissa Witt-Doerring
- Télepsychiatrie nationale (États-Unis)
- Supervision médicale + coaching psychologique
Rappel important
Ces services ne remplacent jamais le suivi médical par un médecin traitant et un pharmacien. Le coaching de sevrage ne peut pas prescrire de médicaments ni assumer la responsabilité des soins médicaux. Ces services offrent du soutien, de l'éducation et peuvent collaborer avec votre équipe médicale si demandé.
Attentes réalistes pour le sevrage
Il est important d'avoir des attentes réalistes concernant le sevrage des benzodiazépines. Comprendre ce qui vous attend peut vous aider à mieux vous préparer mentalement et émotionnellement.
C'est un marathon, pas un sprint
Un sevrage sécuritaire prend du temps. Pour certaines personnes, le sevrage se déroule relativement bien et dans un délai raisonnable. Mais pour beaucoup d'autres, cela prend plusieurs mois, parfois des années. Ce n'est pas un signe d'échec — c'est simplement le temps dont votre cerveau a besoin pour se réajuster progressivement. Chaque personne est différente.
Durée typique du sevrage
- Sevrage progressif : Peut prendre de 6 mois à 2-3 ans selon la dose de départ, la durée d'utilisation, et votre sensibilité individuelle
- Réductions : Généralement espacées de 2-4 semaines (ou plus) pour permettre à votre corps de s'adapter
- Période de stabilisation : Après chaque réduction, une période de stabilisation est normale avant la prochaine réduction
Le syndrome post-sevrage
Après avoir pris votre dernière dose, certains symptômes peuvent persister pendant des semaines ou des mois. C'est ce qu'on appelle le syndrome post-sevrage (ou BIND — Benzodiazepine-Induced Neurological Dysfunction). C'est normal et ça ne signifie pas que le sevrage a échoué.
Important à retenir :
- Les symptômes viennent par vagues — vous aurez de bonnes et de mauvaises journées
- La guérison n'est pas linéaire — des hauts et des bas sont normaux
- Chaque personne est différente — ne vous comparez pas aux autres
- Avec le temps et la patience, votre cerveau guérira
Documenter votre parcours
Tenir un journal de votre sevrage peut être utile, tant pour vous-même que pour vos discussions avec votre équipe médicale.
Ce que vous pouvez noter
Journal des symptômes
- Date et heure
- Symptômes physiques (insomnie, tremblements, douleurs, etc.)
- Symptômes psychologiques (anxiété, humeur, concentration)
- Intensité (échelle de 1 à 10)
- Facteurs aggravants ou améliorants
Suivi des doses
- Date de chaque réduction
- Dose actuelle
- Formulation (comprimé, liquide, préparation magistrale)
- Observations après la réduction
Pourquoi documenter?
- Aide votre médecin à ajuster le protocole de sevrage
- Permet d'identifier des patterns dans vos symptômes
- Vous donne une perspective sur vos progrès lors des moments difficiles
- Peut servir de preuve si vous avez besoin de faire valoir vos droits
Groupes de soutien
Échanger avec d'autres personnes qui vivent ou ont vécu la même situation peut être réconfortant et vous donner de l'espoir.
Note importante sur les groupes en ligne
Les forums et groupes en ligne peuvent offrir du soutien, mais certains peuvent aussi augmenter l'anxiété avec des histoires alarmantes. Utilisez-les avec discernement et toujours en complément — jamais en remplacement — d'un suivi médical professionnel.
BenzoVeillance ne maintient pas actuellement de groupe de soutien québécois dédié. Si vous connaissez des ressources de soutien par les pairs au Québec (en français), BenzoVeillance serait heureux d'en entendre parler pour les partager avec la communauté.
BenzoVeillance offre également des ressources d'information : mieux-dormir.ca et nous-medication.com
Reconnaissez-vous votre parcours?
L'histoire qui suit n'est pas celle d'une seule personne. C'est un récit composé à partir de témoignages de Québécois qui ont vécu ce que vous vivez peut-être.
Si certaines parties vous semblent familières, c'est normal — c'est le parcours que vivent des milliers de personnes.
Lire : Un parcours trop commun →
Vos droits en tant que patient
En tant que patient au Québec, vous avez des droits fondamentaux qui sont protégés par la loi. Ces droits s'appliquent à tous les aspects de vos soins de santé, incluant la prescription et le sevrage des benzodiazépines. Ces droits sont également encadrés par les codes de déontologie des professionnels de la santé.
Loi sur les services de santé et les services sociaux
Vos droits sont protégés par la Loi sur les services de santé et les services sociaux du Québec.
Droit au consentement libre et éclairé
Vous avez le droit de recevoir une information complète et compréhensible avant d'accepter un traitement. Cela inclut :
- La nature de votre condition et les options de traitement disponibles
- Les avantages et les risques de chaque option, incluant l'option de ne rien faire
- Les risques de dépendance physique aux benzodiazépines
- Les symptômes de tolérance possibles
- La difficulté potentielle du sevrage
- Les alternatives aux benzodiazépines
Si ces informations ne vous ont pas été communiquées avant de commencer votre traitement, la question du respect de votre droit au consentement éclairé se pose.
Droit à l'information continue
Vous avez le droit d'être informé de manière continue sur :
- Votre état de santé et son évolution
- Les services et ressources disponibles
- Toute modification de votre plan de traitement
Droit de refuser un traitement ou d'y mettre fin
Vous avez le droit de :
- Refuser un traitement ou d'y mettre fin, même si ce traitement a déjà été entrepris
- Demander un sevrage progressif de vos benzodiazépines
- Recevoir un soutien médical approprié pour ce sevrage
Droit d'être traité avec respect et dignité
Vous avez le droit d'être traité avec courtoisie, équité et compréhension, dans le respect de votre dignité et de votre autonomie.
Si vos droits n'ont pas été respectés
Si vous croyez que vos droits n'ont pas été respectés, vous pouvez :
1. Groupes communautaires de défense des droits
Des organismes peuvent vous accompagner dans vos démarches et vous aider à faire valoir vos droits :
- AGIDD-SMQ (Association des groupes d'intervention en défense des droits en santé mentale du Québec) : agidd.org
- Votre organisme local de défense des droits en santé mentale
2. Commissaire aux plaintes de votre établissement
Chaque établissement de santé a un commissaire aux plaintes. C'est souvent la première étape.
3. Ordre professionnel concerné
Vous pouvez déposer une plainte auprès de l'ordre professionnel du médecin ou du pharmacien concerné :
4. Participer au mouvement citoyen
Vous pouvez également joindre le mouvement collectif pour demander des changements systémiques :
- Mouvement #FaireEntendreRaison : benzoveillance.com/faireentendreraison
BenzoVeillance vous encourage à faire valoir vos droits. Documenter votre parcours (symptômes, doses, communications avec professionnels) peut être utile si vous décidez de déposer une plainte.
Vous n'êtes pas seul(e)
Des milliers de Québécois vivent la même chose que vous. Ensemble, il est possible de demander des changements.
Trois volets de participation : patients, citoyens et professionnels de la santé.